J’ai l’habitude de traverser la ville plusieurs fois par semaine, mais j’aime bien. J’aime bien traverser la ville cinq à six fois par semaine, j’aime bien traverser la ville à pied. Je marche, je marche à pied et j’aime bien. J’aime bien traverser la ville à pied cinq à six fois par semaine avec mon sac. J’aime bien avoir mon sac sur le dos. J’aime bien traverser la ville à pied cinq à six fois par semaine, il fait un peu froid, mais j’aime bien, j’ai froid parce que j’ai pas de chemise, mais c’est pas grave parce que mon sac sur mon dos il me tiens chaud, c’est pour ça que j’aime bien mon sac de cinquante kilos pour traverser la ville à pied torse nu cinq à six fois par semaine comme ça même si j’ai froid, mon sac il me tient chaud. J’aime bien traverser la ville à pied cinq à six fois par semaine avec un sac de cinquante kilos sur le dos, c’est dur parfois parce qu’avec les pieds nu ça fait un peu froid, c’est dur parce qu’il y a de la neige mais j’aime bien. J’aime bien traverser la ville pieds nu cinq à six fois par semaine avec un sac de cinquante kilos sur le dos, j’aime bien, c’est dur parce qu’il y a l’autre qui marche à côté de moi, il est habillé lui, c’est dur parce que l’autre il me frappe quand je vais pas assez vite, mais c’est pas grave parce que j’aime bien traverser la ville pieds nu cinq à six fois par semaine avec un sac de cinquante kilos sur le dos, j’aime bien, c’est pour ça que je le fais, c’est dur parfois en hiver quand il fait froid et que le chien de l’autre me mord les mollets, mais c’est pas grave parce que j’aime bien, j’aime bien c’est pour ça que je le fais, si j’aimais pas je le ferais pas, l’autre aussi il dit que j’aime bien, tout le temps il le dit, tout le temps il dit t’aime bien ça, t’aime bien traverser la ville avec ton sac, s’il le dit c’est que c’est vrai, j’aime bien, j’aime bien puisqu’il le dit, j’aime bien traverser la ville cinq à six fois par semaine avec mon sac sur le dos, j’aimerais bien faire plus, mais c’est difficile parce que avec les coups, des fois je peux pas marcher, alors je peux pas traverser la ville, mais je me dépêche d’aller mieux pour pouvoir marcher à nouveau, j’aime bien marcher les pieds nu dans la neige, j’aime bien sinon je le ferais pas, si je le fais c’est parce que j’aime bien, y en a qui aime pas, alors ils le font pas, ceux qui aime ils le font ceux qui aiment pas ils le font pas. L’autre jour, y en a un qui a plus aimé, il aimait bien avant alors il le faisait aussi, et puis il a plus aimé alors il a arrêté. Il aimait de moins en moins il faisait plus que quatre fois la traverser de la ville. L’autre il me disait, regarde, lui il aime plus, il fait plus que quatre fois la traversé, mais toi tu aime bien alors t’en fais plus. Et comme il aimait pas, il en faisait moins, et puis à un moment, il aimait plus du tout, alors il a arrêté. Et puis comme il a arrêté, nous on a arrêté de le voir. Mais moi j’aime bien, j’aime bien qu’on me voit traverser la ville pieds nu cinq à six fois par semaine, j’aime bien qu’on me vois, j’aimerais pas qu’on me voit plus, j’aimerais pas qu’on arrête de me voir, c’est pour ça que je continue, pour qu’on me voit encore, parce que ceux qu’on voit plus, on les voit plus jamais. Et moi je veux qu’on me voit encore, même si pour ça je dois traverser la ville pieds nu cinq à six fois par semaine avec un sac de cinquante kilos sur le dos, c’est pour ça que j’aime bien, j’aime bien qu’on me voit, parce que tant qu’on me voit ça veut dire que je suis là et j’aime bien être là.
Et plus tard j’aimerais raconter, j’aimerais raconter mais pour ça je dois être là, je dois être là plus tard, c’est pour ça que j’aime bien mon sac de cinquante kilos sur mon dos, tant que j’aime traverser la ville cinq à six fois par semaine je suis là, je serais là pour raconter, si je suis pas là personne croira. Personne croira, c’est pour ça que j’aime traverser la ville, pour pouvoir dire, j’aimerais pouvoir montrer, raconter, personne croirait si je montrais pas, j’aimerais pas qu’on oublie plus tard, c’est pour ça que je dois être là, c’est pour ça que j’aime traverser la ville cinq à six fois par semaine, pour dire et pour raconter, pour dire et pour plus que ça recommence, j’aime bien, mais c’est dur, c’est dur c’est comme si j’aimais de moins en moins, l’autre qui marche à côté de moi il le dit, il le dit que j’aime plus ça que je fais plus que six traversée alors qu’avant j’en faisais dix, je lui dit que j’aime bien et j’aime bien, je comprends pas pourquoi j’en fais moins, j’aime bien, j’aime bien être là, je voudrais pas qu’on me voit plus. Je veux raconter. Je veux pas qu’on m’oublie.
Poeme de http://zebia13.over-blog.com/ a voir...